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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 17:38

A l'heure où la municipalité parle de " patrimoine mondial de l'Unesco " ( et il y a du chemin à faire eu égard à l'état de saleté de notre quartier après le passage des hordes sauvages des jeudi et vendredi soir), j'ai cherché ce que recouvraient le terme " Monuments historiques" et ce qu'il en était de notre quartier

Un monument historique est un monument ou un objet recevant par arrêté un statut juridique destiné à le protéger, du fait de son intérêt historique, artistique ou architectural.

Un monument classé  étant une protection présentant un intérêt remarquable à l'échelle de la nation; dans le strict périmètre de notre association nous avons donc :

Rue de la daurade :Eglise Notre Dame de la Daurade et son presbytère, Prieuré de la Daurade, Vestiges archéologiques de l'édifice primitif.

Rue Gambetta : Hôtel Bernuy,

Rue des Jacobins : Couvent des Jacobins

 La Garonne :  Plan d'eau et berges de la Garonne.

Un monument inscrit étant une protection présentant un intérêt remarquable à l'échelle régionale, là encore dans le strict périmètre de notre association nous avons donc

Rue de la Bourse : Hôtel de la Bourse, Hôtel de Nupces, Maison dite de Pierre Delfau

Rue boyer-fonfrede : Hôtel de Gaysson

Rue Gambetta : Immeuble Pierre de Saint Etienne, Librairie Modern Style

Rue Lakanal : Portail de l'hotel de Bernuy (Lycée Fermat)

Garonne : Rives de la Garonne dans la traversée de la ville

Rue Clémence Isaure : Immeuble Clémence Isaure

Rue Peyrolières : Hôtel d'Olmières

Rue St Ursule : Pavillon Mazar, Tour des Ursulines

Rue Larrey : Hôpital Larrey (ancien)

A vous maintenant.  Lorsque vous vous hatez  en sortant de chez vous, ou en traversant notre quartier,  prenez quelques minutes pour examiner ces monuments vestiges et témoins de notre passé et du travail remarquable des artisans d'antan .

Faites en sorte qu'ils soient protégés des tags et diverses saletés qui les enlaidissent bien souvent et tachez de transmettre autour de vous l'envie de les admirer, ce sont eux qui font en partie la beauté de notre quartier.

NB : voir aussi article edité en 2008 :http://vivre-a-la-daurade.over-blog.com/article-20041782.html

 

 

 

 

Périmètre sauvegardéPérimètre sauvegardé
Périmètre sauvegardéPérimètre sauvegardé
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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:47

petite-toulousaine.JPGLes Toulousaines sont les maisons traditionnelles de Toulouse et font donc partie de l’identité de la ville. Un des matériaux de construction – la brique de terre cuite – a même permis de donner le surnom de « Ville Rose » à Toulouse.


Les Toulousaines ont une architecture caractéristique. À l’origine, elles n’ont pas d’étage. Par la suite, certaines ont parfois été surélevées afin d’y ajouter un niveau. En outre, elles possèdent une cave et un grenier sous les combles. Les matériaux de construction utilisés sont la brique et les galets de Garonne pour les murs et les tuiles pour le toit. Différentes caractéristiques architecturales ou d’ornementations apparaissent sur la façade. Nous pouvons observer par exemple : le toit à deux pentes avec le faîte parallèle à la façade, la petite corniche qui marque le galetas, la grande corniche - parfois ornée de céramique - au niveau du toit surmontée d’une antéfixe (véritable dentelle de terre cuite), les oculi décorés également en terre cuite placés au dessus des fenêtres et de la porte.


Ces charmantes maisons sont aussi dotées d’un jardin à l’arrière et souvent d’un puits. Les jardins, outre leur aspect ornemental ravissant, concourent également à apporter un peu d’oxygène dans une ville qui se densifie.

 

Les Toulousaines possèdent un charme et une beauté indéniables. Malheureusement, l’urbanisation les menace. Nombre d’entre elles ont déjà été détruites, d’autres, menacées, le seront prochainement.


Si vous souhaitez que Toulouse garde son identité architecturale et éviter ainsi qu’elle ne devienne une ville sans âme, bétonnée à outrance, dépossédée du bel héritage architectural que les Toulousains avant nous ont bâti et dont ils nous ont confié la garde, je vous invite à signer la présente pétition.

http://www.petitions24.net/toulousaines__patrimoine_architectural_en_danger

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 19:46


Après les dernières modifications réalisées sur le pont Neuf, (aménagement des trottoirs et de la chaussée) il serait peut-être temps d’en savoir un peu plus sur le plus vieux pont de Toulouse.

Jusqu’au XVIeme siècle , les toulousains traversent la Garonne par le Pont Vieux qui reprend les piles de l’aqueduc bâti par les romains et le Pont de la Daurade en bois régulièrement refait et dont on aperçoit encore la dernière pile au dos de l’Hôtel Dieu.


C’est le roi de France Louis XIII, qui initiera la construction d’un nouveau pont en pierre en 1541, car il a besoin d’un pont solide pour faire passer ses troupes sur la Garonne, troupes qui allaient faire la guerre à l’Espagne.

Les débuts sont difficiles, la Garonne capricieuse démolit les batardeaux (échafaudages en bois nécessaires à la construction des piles). Devant ces difficultés et le coût du chantier, les Capitouls reculent. En 1566, l’état reprend le chantier en main, en 1597 un homme, Pierre Souffron réussit à bâtir les piles en pierre. En 1616 après un certain nombres de vicissitudes, les règles d’adjudication sont changés et ce sont des artisans et maçons parisiens qui travaillent sur le chantier .

Puis Pierre Souffron est remplacé par l’architecte parisien Le Mercier qui construit les arches basses que nous connaissons et c’est enfin le 19 octobre 1659 que Louis XIV peut inaugurer le pont. Il aura fallu cent ans pour en venir à bout. Pourquoi si longtemps?


La première pile est fondée le 8 janvier 1544, la seconde commencée en même temps ne sera réalisée qu’au bout de trois ans après que l’on ait abaissé le niveau du fleuve en modifiant la retenue du Bazacle.

La troisième démarre en 1554 mais les fameux batardeaux sont emportés par le fleuve et elle ne sera terminée qu’en 1559.

La quatrième nécessite des pilotis commencée en 1557, elle est finie en 1561.

La cinquième commencée en 1562 se fend, elle est terminée en 1575 mais après une nouvelle fissure et une crue elle ne sera réellement finie qu’en 1628.

La construction de la sixième pile dure 5 ans jusqu’en 1584 mais en 1597 Pierre Soufron constate qu’il faut la reconstruire, elle ne sera finalement achevé 1616.

La septième, au plus profond du fleuve est commencée en 1597, elle nécessite plus de 400 ouvriers et femmes nuits et jours et sera terminée en mai 1601.

La huitième commencée par Souffron en 1602 sera terminée au bout de 2 ans et contient un réservoir destiné à l’alimentation en eau potable depuis la rive gauche.

La construction des arches commencées en 1604 durera jusqu’en 1628, les allèges ou ouvertures sur les piles qui permettent à l’eau de passer en période de crue sont un dispositif traditionnel dans le Midi.

Enfin les pavillons à l’entrée du pont seront eux terminés en 1630 mais détruit sous le second empire pour faciliter la circulation.

                                                                                                                                              D’après Jean de Saint Blanquat .

 

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 11:04
Ce texte s’inspire largement du document Cathares et Troubadours édité lors de l’inauguration de la Maison de l’Occitanie, que l’auteur en soit remercié.
 
Les débuts:
 
Entre le III et le Ier siècle av JC, la conquête romaine unifie les terres catalanes et occitanes. Le latin devient non seulement la langue de la culture mais aussi celle du peuple. Au Veme siècle, les wisigoths fondent un royaume dont la capitale est Toulouse, conquis par les Francs en 507. Le latin  populaire évolue peu à peu vers le catalan et l’occitan.
 
Après avoir refoulé les Arabes à Poitiers en 732, les Francs avancent vers le sud. Charlemagne franchit les Pyrénées et conquiert Girone et Barcelone. Les comtés hispaniques sont confiés à des nobles d’Aquitaine et de Septimanie.
 
Au cours du Xeme siècle, la décomposition de l’empire carolingien permet la consolidation de différentes entités politiques indépendantes telles que notamment les comtés de Barcelone et de Toulouse.
 
La culture:
 
Au  début du XIIeme siècle apparaît la poésie des Troubadours, la première poésie culte d’Occident en langue romane. Les troubadours sont à la fois des poètes et des musiciens dont l’oeuvre est diffusée par les jongleurs qui les interprètent dans les principales cours d’Occitanie, de Catalogne et du nord de l’Italie.
 
L’univers poétique des troubadours exprime les principes et les valeurs du monde féodal et se caractérise par l’idéal de courtoisie et des valeurs telles que noblesse d’esprit, courage, générosité, désintéressement et loyauté.
 
Le thème par excellence est la relation amoureuse qui s’exprime par le fin’amor, l’amour fidèle. Ce dernier constitue un jeu subtil et raffiné d’exaltation amoureuse, un chant à la beauté et à la dignité de la dame idéalisé qui conduit au joi d’amor, le bonheur du poète qui découvre le sentiment amoureux.
 
Chansons et pastourelles:
 
Les poètes emploient différents genres pour exprimer leurs sentiments :
 
          -  La pastourelle raconte la rencontre entre un chevalier et une bergère,
          -  L’aube parle de la séparation des amants au petit matin,
          -  La chanson d’adieu et une poésie qui met fin à la relation,
          -  La dansa et la ballada sont des chansons à danser.
          -  Le planh manifeste la douleur provoquée par la mort d’une dame, d’un ami ou d’un noble protecteur.
          - Avec le sirventès le troubadour donne son avis de manière satirique sur différentes
          questions.
 
Bien vivante pendant  plus d’un siècle, la  poésie des troubadours influence de manière décisive la poésie médiévale en Europe jusqu’à Dante et Pétrarque. L’occitan devient aussi  la langue principale des poètes catalans jusqu’au XVeme siècle.
 
Le début de la fin:
 
Le traité de Corbeil (1258) entre l’Aragon et la France, représente la fin des aspirations catalanes sur l’Occitanie et facilite l’expansion française. A la fin du Moyen Age, la France a unifié la,plupart du territoire occitan.
 
En 1659, le Traité des Pyrénées entre la France et l’Espagne établit le partage du territoire catalan en annexant la Catalogne du Nord à la France.
 
De la fin du XVeme au début du XVIIeme siècle, des milliers d’occitans venant de Gascogne, du Languedoc ou d’Auvergne décident de s’établir en Catalogne.
 
En France, l’imposition du français en 1539 comme langue unique de l’administration marginalise l’occitan.
 
Le renouveau:
 
Au milieu du XIXeme siècle apparaissent  deux mouvements : la Renaixenca et le Félibrige qui revendiquent la dignité de leur langue à travers l’étude du passé et la création littéraire.
 
Les félibres  représentent un groupe de poètes provençaux menés par Frédéric Mistral qui s’intéressent à la littérature. Les partisans de la Renaixenca  quand à eux participent à la construction du catalanisme social et politique.,
 
A partir de la fin du XXme siècle , la prolifération dans toute l’Occitanie des calendretas (écoles associées occitanes)  de groupes de musique, de compagnies de théâtre, de revues... montre le dynamisme que connaît aujourd’hui la langue occitane.
 
Enfin l’Euro congrès 2000, congrès des congrès pour repenser le futur des pays de l’Euro espace  latin central a mené a bien 500 activités importantes entre mai 2001 et avril 2003 et a reçu le soutien de près de 1400 institutions et organismes.
 
Des conclusions générales ont permis de faire ressortir plusieurs grandes lignes d’actions qui seront impulsées dans un futur très proche.
 
 

 

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 10:46

Cette rue doit son nom aux « payroliers » fabricants de chaudrons (payroles en langue d’oc) qui l’habitaient autrefois.

Cependant, elle ne portait pas ce même nom tout au long de son parcours : entre la rue de Metz et la rue Clémence Isaure, elle s’appellait «  rue Balestrières «  parce qu’y logeaient  des fabricants d’arbalètes.

Toujours  habitée, presque exclusivement par une population d’artisans: chaudronniers puis potiers d‘étain, arbalétriers et  giponiers (fabricants de gilets );  jusque vers 1900 on entendait encore le bruit de leur martelage ! ( cela valait bien certains tams-tams que nous entendons de nos jours!).

Dans trois maisons de cette rue , il existe encore des tours gothiques : 

Au n° 3 la Tour de l’ancien Hotel d’Olmières – capitoul de la daurade en 1503 .
Cet hôtel est décrit comme un " hôtel du XVIème, à la façade de brique percée d'un portail, de brique et de pierre alternée, flanquée de deux bouteroues, surmontée d'un entablement à la frise denticulée et coiffée d'un portique au balcon en fer forgé; la tour octogonale est percée de fenêtre à accolade, qui éclairent un escalier à vis."

 Au n°18, celle des Ysalguiers : Raymond, capitoul en 1295, fit la fortune de la famille  en étant liquidateur des biens confisqués aux juifs  lors de leur expulsion par Philippe le Bel : il acheta tous les terrains situés entre les rues de    l’Echarpe, de la Bourse et Clémence Isaure !

Pendant tout le 19eme siècle , le n°18 de la rue Peyrolières fut connu comme « l’Hotel d’Espagne » lieu d’étape pour les diligences du Gers.

Enfin au n° 34 , le portail renaissance de l’hotel Lagorrée.

Le rue Peyrolières a abrité des célébrités  notamment le compositeur Louis Defès auteur de la célèbre «  Toulousaine .

 D’après Histoire des rues de Toulouse  Jules  Chalande

 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 15:40

La culture du pastel est liée au terme de Pays de Cocagne, évocateur de richesses fabuleuses et de vie facile et dont l'origine vient des coques évoquées ci-dessous. Ce commerce dans le sud-ouest de la France sera à la base de fortunes immenses.

 "Isatis Tinctoria", est le nom scientifique du pastel, cette plante à la fleur jaune est connue depuis l'antiquité. Les premières cultures de pastel venu d'Orient et d'Espagne, apparaissent dans la région au XIIème siècle. Le pastel atteint son âge d'or en France, fin XVème et au XVIème, dans la période comprise entre 1463 et 1562 au moment des guerres de Religion.                 
La couleur bleu indélébile qu'il produit est très recherchée et constitue une source de revenu appréciable. Le cycle du pastel, du semis au paiement, s'étale sur près de quatre années.

 La culture nécessitait une main d'oeuvre importante, après les labours les mottes devaient être cassées à la main puis on devait éliminer les mauvaises herbes. La cueillette se faisait à la main ou à l'aide de ciseaux. Plusieurs cueillettes se succédaient de l'été à l'automne. Les feuilles réservées à la teinture étaient stockées, elles étaient ensuite lavées, puis séchées à nouveau .Les feuilles étaient ensuite réduites en bouillie : on en extrayait une pulpe qui était à l'origine de la teinture.  Après le broyage, la pulpe était mise à sécher. Au cours de cette période, une première fermentation débutait, qui allait permettre le façonnage. Réalisé par les femmes, celui-ci prenait la forme d'une boule de dix à quinze centimètres de diamètre appellée « coques ». Une coque pesait environ 500 grammes. On peut considérer que le produit final représentait environ 7% du poids initial des feuilles.

 L'inégalité entre la très bonne qualité de la teinture obtenue dans les plaines du Lauragais et de l'Albigeois, et la qualité médiocre des tissus de lin produits dans la région (Mazamet, Toulouse, Carcassonne.) font que ces villes ne peuvent en aucun cas rivaliser avec les tissus anglais ou flamands à cette époque.
Ainsi le pastel doit être obligatoirement exporté vers ces centres de production textile. 

La montée en puissance de Toulouse est favorisée par la conjonction de plusieurs facteurs :

 - le manque de capitaux et de disponibilité financière des marchands béarnais et albigeois,

  • - l'organisation de la filière : les collecteurs achètent la récolte en feuilles, fabriquent et vendent la teinture aux marchands qui la commercialisent,
  • - du fait de la concurrence, les collecteurs prennent le risque d'acheter souvent avant la récolte, pariant ainsi sur un avenir hasardeux en raison des conditions climatiques. En outre, ils paient tôt une récolte qui ne sera vendue que plusieurs mois plus tard à des clients étrangers.
  • - le mode de paiement de l'époque, du fait de l'insécurité des routes, est la lettre de change; or toute transaction par ce mode passe par Lyon.
  • Dans ce contexte, l'essor de Toulouse s'appuie sur la qualité de sa structure bancaire : à la fin du Moyen Age  Toulouse dispose malgré tout de 30 "changeurs", rivalisant ainsi avec Lyon dans ce domaine.

Après cet essor, l'effondrement du pastel est très rapide :
- 1559 : récolte prometteuse
- 1558 : excellente récolte
- 1560 : elle promet de dépasser toutes les espérances
Cependant, en octobre 1560, le commerce pastelier toulousain s'effondre en raison de pratiques douteuses : les fonds de sacs des ballots de pastel sont mouillés pour en augmenter le poids, on mélange différentes qualités de produits payés au prix fort, en rajoutant du sable à l'agranat. La récolte de 1560 est certes abondante mais de qualité médiocre. Or, les prix sont maintenus, ce qui enfonce la crédibilité des marchands.

- 1561 : la récolte est encore plus abondante mais encore plus médiocre à cause des pluies de sorte que les cours s'effondrent. Certains marchands tentent de ne pas mettre toute la récolte sur un marché déjà saturé, mais ils ne sont pas suivis par les Albigeois.

- 1562 : c'est le début des guerres de Religion, avec dix jours forts en mai. Les circuits de commercialisation sont perturbés, les trafics interrompus, et le pastel est concurrencé par l'indigo dont la qualité est quasi équivalente mais la culture plus facile.

La disparition du pastel n'est pas complète L'Albigeois continue de produire et connaît un certain nouvel essor, éphémère, dès la fin des Guerres de Religion.Mais elle semble irréversible :
- en 1669, on compte moins 100 moulins à pastel dans la région d'Albi.
- en 1701, malgré un règlement protégeant le pastel signé par le roi en 1699, on n'en trouve plus que 60.
Certains essaient de déjà préserver la tradition en la renouvelant : au XVIIIème siècle, un certain Astruc réussit à tirer du pastel une aussi bonne teinture que celle de l'indigo, en simplifiant la culture, mais ses successeurs ne sauront pas la poursuivre.
 

(Cet article a été réalisé grâce à Documentation pedagogie.ac-toulouse - Nadine Lanneau- photo Jacques Batigne )  

 

 

 

 

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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 16:53

 

Dès le Ve siècle et pour la première fois en Gaule, un sanctuaire marial se dresse sur les bords de la Garonne , Sainte-Marie de Toulouse. En forme de décagone et décoré de mosaïques, l'édifice primitif rappelle les constructions de Rome, de Ravenne et d'Orient.

 

En 844, Charles le Chauve renouvelle des privilèges accordés par son père au " monastère Sainte-Marie " et des moines bénédictins s'y installent.

 

 

A la fin du XIe siècle, sous l'impulsion de l'évêque de Toulouse Isarn, le sanctuaire devient un monastère placé sous le contrôle du puissant ordre de Cluny. Sous la dépendance directe de l'abbaye de Moissac, le lieu connaît une période fastueuse qui bénéficie des faveurs des comtes de Toulouse et de la générosité de nombreux pèlerins qui affluent alors à Toulouse, étape obligée vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Mais après les incendies de 1429 et de 1463, le monastère, qui connaît par ailleurs des crises internes, périclite. Au XVIe siècle la décadence ne fait que s'accentuer. En 1506, seulement quatre moines y résident.

 

 

Au début du XVIIe siècle, le Parlement de Toulouse confie le couvent aux bénédictins de Saint-Maur qui rendent au sanctuaire tout son éclat. Pendant la période révolutionnaire,   la Daurade est fermée, comme toutes les églises de Toulouse.

 

 

En 1791, François Boyer-Fonfrède décide de créer à Toulouse une manufacture de filature et de tissage de coton fabriquant des tissus « dans le genre des étoffes anglaises ».

 

 

La municipalité accorde à l?entreprise l?usage de plusieurs biens nationaux et notamment le couvent des bénédictins de la Daurade et un terrain près du moulin du Bazacle.

 

 

L?usine commence à fonctionner en 1792 avec 200 ouvriers. En 1801, elle est dotée des derniers perfectionnements,  la main d'oeuvre est composée essentiellement de femmes et d?enfants entre 7 et 16 ans (la plupart originaires des campagnes dont l'Ariège) qui sont logés, nourris et habillés mais ne reçoivent aucun salaire.

 

 

Les enfants doivent rester au moins quatre ans dans cette « Ecole gratuite d'industrie «  dont Boyer Fonfrède vante la salubrité des dortoirs, la nourriture saine et abondante, la surveillance des m?urs et l?organisation quasi-militaire !

 

 

Le blocus continental décrété par Napoléon sonne le glas des arrivages de coton et en 1808, la manufacture Boyer-Fonfrède ferme ses portes.

 

 

Le blocus continental affecte moins l?industrie du tabac, en effet, la culture de cette plante a été introduite dans la vallée de la Garonne dès le XVIIe siècle.

 

A partir de 1674, le monopole de la vente du tabac fut réservé au Roi seul et confié à la Ferme Générale qui gérait la production, la fabrication et la vente de "l'herbe à Nicot". A Toulouse, cette ferme était installée dans des ateliers rue de la Pomme.

 

La manufacture de la rue de la Pomme prospéra jusqu'à la Révolution. Le monopole de la Ferme qui était très critiqué, fut supprimé en 1791 : la liberté complète de culture, de fabrication et de vente du tabac en France fut alors instaurée. Cette liberté d'entreprise, très favorable à l'industrie du tabac à Toulouse, permit la mise en place de six fabriques privées dans la ville rose qui connut alors un brillant essor.

 

En 1810, Napoléon Ier rétablit le monopole de l'Etat sur l'achat des feuilles, la culture, la fabrication et la vente des tabacs. Une manufacture est alors installée dans l'ancien couvent des Bénédictins , quai de la Daurade. En 1821, de nouveaux ateliers s'ajoutèrent à ce premier établissement, notamment pour le râpage de la poudre. Ils se situaient dans la zone d'activité du Bazacle, au bord de la Garonne , afin d'utiliser l'énergie hydraulique nécessaire aux activités mécanisées.

 

Au cours du XIXe siècle, la manufacture fut donc divisée en deux bâtiments totalement distincts. Pour des raisons de commodité, on décida de construire une nouvelle manufacture au Bazacle afin que toute la production soit concentrée en un même endroit.

 

 

 Le site du Quai de la Daurade fut abandonné et repris par l'Ecole des Beaux-Arts.

 

 

                                                                                                                               

 

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 14:22

 

 Les Bénédictines de Notre-Dame du Sac :

 Au XVIIème siècle, en 1623 s’installent rue du sac, les Bénédictines de Notre-Dame du Sac.

 On les appelait ainsi parce que leur couvent se trouvait au fond d'une impasse ou "cul de sac". Elles se consacraient à l'enseignement et étaient très nombreuses. Quand, en 1794, le couvent devint propriété nationale, il y avait 60 religieuses, 12 sœurs converses, 80 pensionnaires, 4 servantes, ainsi que beaucoup d'élèves externes. Le monastère couvrait plus de dix mille mètres carrés.

 En 1792, l’Assemblée Législative supprime les congrégations religieuses et expulse celles-ci,  la maison des Religieuses du Sac, dépendance du Couvent des Jacobins, est transformée en hôpital militaire :  Le 22 juillet, l’administration municipale de Toulouse déclare :

 

 

 « (...) le conseil arrête que le couvent des ci-devant Terciaires doit être remis au commissaire des guerres pour y établir provisoirement un hôpital militaire dont la destination sera de recevoir les galeux et des vénériens, seulement pour y être traités relativement à ces deux maladies et, dans le cas où la destination provisoire ne devienne pas définitive (sic), le dit local rentrera sous l’administration des biens nationaux. »
19 novembre 1792 :

 

 

« Le conseil du département détermine (...) que la maison ci-devant religieuses du « sac » serait employée pour hôpital militaire ; celle des ci-devant Capucins pour les magasins des effets des hôpitaux et celle des écoles de Droit pour les fourrages, avec pouvoir aux commissaires de faire procéder incessamment aux réparations nécessaires pour mettre les bâtiments en état »
Cette rue du Sac où se trouvait le couvent va être rebaptisée Rue de l’Hôpital-Militaire et Rue Larrey.

 Cet hôpital Larrey est fondé en 1793 par Alexis Larrey, chirurgien-Major à l’Hôpital la Grave.

 Si les Hôpitaux civils de cette période post-Révolutionnaire sont désorganisés, les hôpitaux militaires font l’objet au contraire d’une attention constante et se trouvent fournis de tout ce qui est indispensable au traitement des malades ; dans un rapport du Comité de Bienfaisance du 2 janvier 1794 on peut lire : « Un membre a fait un rapport sur les hôpitaux militaires de cette ville qui sont très mal organisés et qui vont très mal quant aux soins qu’on ne donne pas aux malades et à la malpropreté (...) Le citoyen Brière, commissaire des guerres, chargé de la surveillance et administration des hôpitaux militaires de cette ville, (doit) se rendre au présent comité pour lui faire connaître nos grandes sollicitudes sur la mauvaise gestion de ces hôpitaux, et de se concerter de suite pour l’amélioration de cette gestion et les soins nécessaires à donner aux malades ».

 L’aménagement des locaux a nécessité du temps. En juillet 1794 les salles sont réparées et les conditions d’accueil des malades se sont améliorées ; il reste à déblayer les cours.

 

 

  L’Hôpital Larrey sous l’Empire :

 Au fur et à mesure du temps, l’Hôpital Larrey se transforme, s’adapte et s’améliore dans un contexte où la guerre est toujours dominante. Durant la période Napoléonienne, il est surtout spécialisé dans les maladies vénériennes.

  En 1807, la campagne militaire du Portugal implique de nouvelles activités militaires pour Toulouse ; en 1808 lorsque Napoléon vient en visite à Toulouse, il va préparer la ville à son nouveau rôle de base arrière.

 C’est dans cette même année 1808 que naît à Paris Hippolyte Larrey (fils de Dominique Jean Larrey lui-même neveu d’Alexis Larrey). Il va devenir chirurgien de Napoléon III et médecin-chef de l’armée lors de la campagne d’Italie de - 1859. Il est devenu membre de l’Académie de Médecine à compter de 1850 et de l’Académie des Sciences à compter de - 1867 ; à sa retraite, il est élu député de Bagnère-de-Bigorre.
C’est son nom qui sera donné au futur hôpital militaire construit au siècle suivant.

 

 Le 10 avril 1814, Toulouse est le théâtre de la bataille contre les troupes anglo-espagnoles de Wellington, victorieuses des troupes françaises du Maréchal Soult.
En juillet 1854, une épidémie de choléra prend sa source à l’Hôpital militaire, 900 cas sont recensés en ville ; on y comptera 500 morts « seulement » ...car la même épidémie a fait en revanche 10 000 morts en Ariège.

L’Hôpital Larrey au début du XXème siècle :

 Tout au long du début du XXème siècle, l’Hôpital Larrey perfectionne ses services et bénéficie de tous les progrès scientifiques.
 Entre 1926 et 1937, le médecin-général inspecteur Laforgue, qui a occupé les hautes fonctions de directeur du Service de Santé de la 17ème Région après avoir été pendant 5 ans médecin-Chef de l’Hôpital Larrey, initia bon nombre de transformations et modernisations de l’établissement pour assurer aux malades les soins les plus complets.

 Pendant la Seconde Guerre Mondiale, on ne comptait que sept fonctionnaires civils ; dix infirmières militaires se partageaient les salles.
Au lendemain du conflit, les malades sont logés en chambres individuelles ou collectives ; les menus sont de qualité. Les patients sont autorisés à recevoir la visite de leur famille 3 jours par semaine (mardi, jeudi et dimanche après-midi
).
 

 Au début des années 1960, l’Hôpital Militaire Larrey  s’est avéré être insuffisant ; la construction du CHR Hippolyte-Larrey n’allait pas tarder à voir le jour, l’hôpital est transféré dans ces nouveaux locaux au début des années 1990.

 

 Le Conservatoire de musique :

 Les anciens locaux de la Place Saint-Pierre sont réintégrés dans un vaste plan d’urbanisme et accueillent en 1993 le conservatoire de musique, 250 chambres d’étudiants, un jardin, 180 logements privés et un parking souterrain de 400 places.

 

 

 

Aujourd'hui pleinement rénové, cet espace est entièrement voué à l'enseignement artistique.

  • 56 salles de cours
  • 19 studios de travail individuel
  • 1 salle publique de musique de chambre : l'espace Varèse
  • 1 amphithéâtre de chant choral
  • 2 espaces interdisciplinaires
  • 1 espace audiovisuel et d'exposition
  • 1 espace électroacoustique
  • 1 plateau d'orchestre
  • 1 salle d'orgue
  • 1 salle et studios d'enregistrement 
     

     Ce document a été réalisé grâce aux informations fournies sur les sites de l'hopital larrey et du conservatoire .

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

 

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 19:11

Dans la série "découvrir le quartier " :

LA RUE DES BLANCHERS

Dans tous les écrits sur l’histoire de Toulouse , la rue des Blanchers apparaît vers le XIeme siècle.

A cette époque dans toute la France, les vieilles villes romaines reprennent vie et se développent.

. Des hôpitaux sont créés, destinés au pauvres , aux pèlerins de passages et aux malades. Cet afflux de population venue principalement de la campagne du Lauragais proche a trouvé place dans la cité et dans les nouveaux faubourgs. Les principaux furent le faubourg St Sernin autour de l’église et celui de St Pierre des Cuisines avec sa population de cordonniers, de BLANCHERS (mégissiers) et de parcheminiers, installés près de la Garonne, là où la pollution des eaux n’était plus gênante pour la ville.

Petit à petit, par commodité la profession des mégissiers s’était regroupée près du fleuve. Néanmoins cette population n’étaient pas très importante, en 1398 il y avaient seulement 49 tanneurs dans la ville. En 1463 un grand incendie détruisit la partie de la ville entre la Garonne et l’actuelle rue Alsace Lorraine, notre rue des Blanchers fut détruite mais reconstruite peu après. En 1652 un nouvelle incendie fit disparaître la plupart des maisons, parmi les vestiges , l’actuel n° 51 , une porcherie qui devint une chapelle: les pourceaux ayant trouvé une croix dans les décombres!

Petit à petit avec les siècles, la rue a perdu ses mégissiers mais est resté une de ces typiques rue toulousaine avec ses commerçants de quartier. Dans les années 1970, il y avait alors 3 boulangers , 2 épiciers et divers ateliers.

A partir des années 1990, les changements dans l’urbanisation , la modification du quartier avec le nouveau Pont St Pierre et la création du Port de la Daurade, l’arrivée massive d’une population étudiante avide de plaisirs transforment la physionomie de la rue des Blanchers qui devient (heureusement ou malheureusement pour ses habitants) un endroit festif et nocturne où l’on compte pas moins de 9 restaurants et 3 bars le long des quelques mètres qui séparent la Place de la Daurade de la Place St Pierre .

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 18:52

 

 Dans la série "découvrir le quartier " :

LA RUE CLEMENCE ISAURE

Elle n'est appelée ainsi que depuis 1806 en vertu d'une ordonnance municipale et sur l'initiative du Journal de la Haute-Garonne qui publia à cette effet un long article pour fortifier la légende de la Fondatrice des Jeux Floraux.

Dès le XIVe siècle, cette rue fut appelée rue des Ysalguier parce que les grands immeubles des Ysalguier( ou Giponniers ? fabricants de pourpoints) en occupaient tout un coté. Dans la cour du n°7 de cette rue qui a façade sur le n°16 de la rue Cujas, se trouvait autrefois la Tour Clémence Isaure où, selon la légende Dame Clémence serait morte de douleur et d'amour pour un certain et beau Lautrec.

L'Histoire du Languedoc, ouvrage écrit au XVIIIème siècle par le bénédictin dom Vaissette, nous apprend que Clémence Isaure " ...était une très riche et très généreuse dame, qui aimait la poésie et les belles lettres au point d'avoir créé un prix que l'on décernait tous les ans au mois de mai aux poètes ayant fait les plus beaux vers. Cette institution fut appelée le Collège de la Gaye Science, ou l'Académie des Jeux floraux, parce que les lauréats recevaient, dans l'ordre, une violette d'or, une églantine d'or, et enfin un souci d'or... "

Gérard de Sède, dans le Guide de la France mystérieuse, fournira plus de précisions sur la création du mythe :

"En 1323, sept notables réunis sous l'orme de Saint Martial, à Toulouse, dans le quartier des Augustins, créèrent la Companhia dels mentenedors del Gay Saba (Compagnie des mainteneurs du Gay Savoir) et instituèrent un concours annuel de poésie ouvert à tous les gens de langue d'oc, et dont le prix, décerné le premier mai, était une violette d'or fin. Les membres de la Companhia étaient tenus au secret.


Au XVème siècle, la Companhia, devenue Académie des Jeux floraux, bénéficia de la protection d'une dame toulousaine, Clémence Isaure, experte en Gay Savoir, qui légua à cette Académie des sommes si considérables que la ville de Toulouse jouissait encore de ces revenus au siècle dernier. Clémence Isaure mourut célibataire vers 1500, à l'âge de cinquante ans. Elle aurait été enterrée en 1557 sous l'autel de Marie, dans l'église de la Daurade (la Vierge dorée). Plusieurs érudits ont soutenu que Clémence Isaure n'a jamais existé et qu'elle n'est qu'un personnage symbolique figurant, comme la Dame des troubadours, un principe cosmologique féminin. Ils ont notamment souligné que, dès le XIVème siècle, c'est la Vierge que l'on appelle "Dame Clémence", et qu'Isaure veut dire Isis aurea "Isis dorée".

D'après Histoire des rues de Toulouse Jules Chalande

 

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