Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 16:53

 

Dès le Ve siècle et pour la première fois en Gaule, un sanctuaire marial se dresse sur les bords de la Garonne , Sainte-Marie de Toulouse. En forme de décagone et décoré de mosaïques, l'édifice primitif rappelle les constructions de Rome, de Ravenne et d'Orient.

 

En 844, Charles le Chauve renouvelle des privilèges accordés par son père au " monastère Sainte-Marie " et des moines bénédictins s'y installent.

 

 

A la fin du XIe siècle, sous l'impulsion de l'évêque de Toulouse Isarn, le sanctuaire devient un monastère placé sous le contrôle du puissant ordre de Cluny. Sous la dépendance directe de l'abbaye de Moissac, le lieu connaît une période fastueuse qui bénéficie des faveurs des comtes de Toulouse et de la générosité de nombreux pèlerins qui affluent alors à Toulouse, étape obligée vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Mais après les incendies de 1429 et de 1463, le monastère, qui connaît par ailleurs des crises internes, périclite. Au XVIe siècle la décadence ne fait que s'accentuer. En 1506, seulement quatre moines y résident.

 

 

Au début du XVIIe siècle, le Parlement de Toulouse confie le couvent aux bénédictins de Saint-Maur qui rendent au sanctuaire tout son éclat. Pendant la période révolutionnaire,   la Daurade est fermée, comme toutes les églises de Toulouse.

 

 

En 1791, François Boyer-Fonfrède décide de créer à Toulouse une manufacture de filature et de tissage de coton fabriquant des tissus « dans le genre des étoffes anglaises ».

 

 

La municipalité accorde à l?entreprise l?usage de plusieurs biens nationaux et notamment le couvent des bénédictins de la Daurade et un terrain près du moulin du Bazacle.

 

 

L?usine commence à fonctionner en 1792 avec 200 ouvriers. En 1801, elle est dotée des derniers perfectionnements,  la main d'oeuvre est composée essentiellement de femmes et d?enfants entre 7 et 16 ans (la plupart originaires des campagnes dont l'Ariège) qui sont logés, nourris et habillés mais ne reçoivent aucun salaire.

 

 

Les enfants doivent rester au moins quatre ans dans cette « Ecole gratuite d'industrie «  dont Boyer Fonfrède vante la salubrité des dortoirs, la nourriture saine et abondante, la surveillance des m?urs et l?organisation quasi-militaire !

 

 

Le blocus continental décrété par Napoléon sonne le glas des arrivages de coton et en 1808, la manufacture Boyer-Fonfrède ferme ses portes.

 

 

Le blocus continental affecte moins l?industrie du tabac, en effet, la culture de cette plante a été introduite dans la vallée de la Garonne dès le XVIIe siècle.

 

A partir de 1674, le monopole de la vente du tabac fut réservé au Roi seul et confié à la Ferme Générale qui gérait la production, la fabrication et la vente de "l'herbe à Nicot". A Toulouse, cette ferme était installée dans des ateliers rue de la Pomme.

 

La manufacture de la rue de la Pomme prospéra jusqu'à la Révolution. Le monopole de la Ferme qui était très critiqué, fut supprimé en 1791 : la liberté complète de culture, de fabrication et de vente du tabac en France fut alors instaurée. Cette liberté d'entreprise, très favorable à l'industrie du tabac à Toulouse, permit la mise en place de six fabriques privées dans la ville rose qui connut alors un brillant essor.

 

En 1810, Napoléon Ier rétablit le monopole de l'Etat sur l'achat des feuilles, la culture, la fabrication et la vente des tabacs. Une manufacture est alors installée dans l'ancien couvent des Bénédictins , quai de la Daurade. En 1821, de nouveaux ateliers s'ajoutèrent à ce premier établissement, notamment pour le râpage de la poudre. Ils se situaient dans la zone d'activité du Bazacle, au bord de la Garonne , afin d'utiliser l'énergie hydraulique nécessaire aux activités mécanisées.

 

Au cours du XIXe siècle, la manufacture fut donc divisée en deux bâtiments totalement distincts. Pour des raisons de commodité, on décida de construire une nouvelle manufacture au Bazacle afin que toute la production soit concentrée en un même endroit.

 

 

 Le site du Quai de la Daurade fut abandonné et repris par l'Ecole des Beaux-Arts.

 

 

                                                                                                                               

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Le piéton de la Daurade - dans Un peu d'histoire...
commenter cet article

commentaires