Jeudi 29 juin 2006

Tout d’abord et c’est un défi de le faire en quelques lignes, parcourons les 12 siècles qui ont vu naître et grandir Toulouse avant l’avènement des Capitouls.

 

- Toulouse, Tolosa, en latin, - dont l’origine ibérique ou celtique du nom est incertaine entre dans l’Histoire lorsque les Volsques Tectosages, peuple celtique de la Gaulle installé dans la région, passent sous l’autorité des romains vers 120 avant notre ère.

- A partir du 3e siècle : suivant l’arrivée du christianisme, sont édifiées les premières églises .

- Après le passage des Wisigoths (environ 430 à 507), la conquête franque va faire de Toulouse le siège d’un comté qui échoit à partir du 9ème siècle à la fameuse dynastie des Raimonds. Ils résident au Château Narbonnais et font ainsi de Toulouse la capitale d’un vaste état féodal qui s’étend du Rhône aux Pyrénées.

C’est donc au 12ème siècle que les comtes de Toulouse vont peu à peu instaurer les institutions politiques justifiées par le développement de la ville.

Toulouse est alors divisée en Parties ou quartiers, qu’on appellera par la suite Capitoulats  chaque partie étant subdivisée en Mélos ou Moulon,, groupe de maisons entouré de rues.

Un premier acte de 1141 du Comte Alphonse de Jourdain définit les privilèges reconnus aux habitants de la Cité et du Bourg.

Sous son successeur Raimond V apparaît le " commun conseil" formé de consuls désignés parmi les notables, et en 1175, ce conseil se structure en six capitulaires pour la Cité et six pour le Bourg..

Le 6 janvier 1189, un serment réciproque fut prêté par le Comte Raimond V et les consuls dans l’église St Pierre des Cuisines. En échange de la protection du Comte pour protéger la ville Raimond V lui reconnaît l’ensemble de ses prérogatives et autres " libertés "dont le droit d’élection de ses représentants, libre de toute ingérence princière.

Le 6 janvier 1195, six ans plus tard jour pour jour, à l’occasion de l’ avènement de Raimond VI, ce serment est confirmé. Encore actuellement on célèbre l’événement chaque 6 janvier à l’ Église St Pierre des Cuisines.

 

En 1205 sont rédigés deux cartulaires quasi identiques, l’un pour le Bourg, l’autre pour la Cité, registres où sont copiés et authentifiés soixante et onze actes couvrant la période 1120-1204, relatifs aux privilèges de la ville Enfin, c’est la construction de la maison commune, édifiée sur le mur romain, à la jonction du Bourg et de la Cité (près de l’actuel place du Capitole) qui concrétise le pouvoir municipal, les autres lieux de pouvoir étant le château Narbonnais pour le Comté, la Cathédrale Saint Etienne et la Basilique St Sernin pour l’Église.

Ce premier Capitole déplace le centre de la Ville.

La croisade albigeoise (1208.1229) vaudra à Toulouse des luttes acharnées ; Simon de Monfort, chargé d’écraser l’hérésie, échoua trois fois devant Toulouse où il fut tué en 1218. Mais la défaite des Cathares permit au roi de France de rattacher définitivement le Languedoc à la France ; Ce qui fut fait en 1271, lorsque le dernier comte disparut au retour d'une croisade.

Les Toulousains obtinrent cependant du pouvoir central la préservation de leurs libertés municipales.

Les Capitouls régnèrent ainsi sur Toulouse jusqu’à la Révolution française, chaque quartier de la Cité et du Bourg (Capitoulat) désignant un Capitoul

Douze à l’origine, le nombre de Capitoulats – et de Capitouls- varia au cours de leurs sept siècles d’existence.

Depuis 1438, ils sont huit, un par capitoulat, six pour la Cité et deux pour le Bourg, avec un ordre de préséance invariable que révèlent les miniatures des Annales représentant les Capitouls

De toute ancienneté, le Capitoulat de la Daurade fut le premier en ordre :

La Daurade, 1er en ordre – St Etienne, 2e en ordre

Pont Vieux, 3e - La Pierre St Gérault, 4e La Dalbade, 5e -St Pierre des Cuisines 6e

St Barthélemy 7e - St Sernin 8e -

Une suite sera nécessaire pour évoquer le rôle, l’action et l’influence des Capitouls dans le domaine financier et commercial, les aménagements urbains…pendant les périodes plus ou moins fastes que va connaître Toulouse jusqu’à leur disparition….

par Le piéton de la Daurade publié dans : Un peu d'histoire...
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Mercredi 28 juin 2006

Je reprends un article paru dans le blog "mémoires de l'Ariège" avec tous mes remerciements à son auteur pour ces souvenirs savoureux et sa jolie façon d'écrire!

A la lecture de ce qui va suivre, n'allez pas imaginer que la Daurade était mal fréquentée, elle ne l'était pas.
Enfin pas trop...
Quoiqu'il en soit, la lutte des classes, exceptant Monsieur Rassoutier, marchand de bois, charbon et fuel au bidon de 10 litres, communiste convaincu et fier Stalinien - j'y reviendrai - n'avait pas cours dans les parages...
Le pilier du bar de la Daurade, l'homme emblématique, en ces temps un rien archaïques, était Lariva.
C'est qu'il impressionnait Lariva !
Proxénète notoire en ses jeunes années et même un peu plus tard, il avait éliminé un caïd qui lui reprochait un bout de trottoir, ce qui lui avait valu quinze ans de prison, sa photo dans le journal avec à la une "Règlement de compte dans le milieu Toulousain", et une réputation que sa face joviale quoique ténébreuse d'Espagnol démentait résolument..
Rien qu'à son nom les hommes tremblaient, les enfants retenaient leur souffle, et les femmes remontaient quelques épingles à leur chignon au demeurant parfait... mais le geste est si féminin...
Lariva était entouré d'une aura aussi mystérieuse que ses revenus, c'était un dur, un vrai, un tatoué.
Ses revenus, justement, nous allions bientôt apprendre que le trottoir étant risqué, il avait bifurqué sur plus discret, quoique tout aussi meurtrier dans certains cas.
Marié avec une femme à qui l'on eut remis le Bon Dieu sans confessions, père de deux fils tout aussi mystérieux quant à leurs activités, et de deux filles qui semblaient sorties du couvent des Oiseaux, il avait converti son épouse au plus vieux métier qui soit aussi : "faiseuse d'anges".
Elle oeuvrait en étage, dans sa cuisine, sur la toile cirée de la table familiale, et posait les sondes avec une dextérité qui ne lui évita pas quelques mois de prison, après qu'une de ses clientes eut vendue la mèche à la suite d'une infection qui la mena à l'hôpital.
Lui, plus ou moins rangé des voitures, comme on disait en ce temps là, se contentait de rabattre les femmes en difficulté. Disons qu'il était commercial d'une entreprise familiale qui tournait bien, vu la marque de sa voiture.
Ceci n'empêchait pas Lariva de veiller sur la vertu des filles du quartier comme sur les siennes - dame, il savait ce qu'elles risquaient - et de leur demander des comptes quand il les croisaient en dehors du quartier, lequel se limitait à la Place, à la rue des Blanchers, la rue Jean Suau et jusqu'au début de la rue Gambetta et des quais Lucien Lombard.
J'ai eu à subir nombre de fois cet interrogatoire en règle, jusque loin dans la ville parfois :
- Tiens tu es là toi ?
- Ouiiii.
- Et où tu vas comme ça ?
- A Monopriiiix.
- Et ta mère sait où tu es ?
- Ouiiii c'est elle qui m'envoie !
- Je vais vérifier, tu le sais ?
- Ouiiii.
- Bon...File !...Et pas de garçon, hein ! Tu auras affaire à moi sinon !
Et il vérifiait !
Il m'arrivait souvent de soupirer ou de lui répondre sur un ton légèrement - très légèrement - excédé qui ne lui convenait pas et il ajoutait :
- Oh ça va la tornade blanche, pas avec moi, tu baisses le son et tu baisses les yeux tout de suite parce que...
Il ne finissait jamais la phrase, mais ce qu'elle supposait suffisait à me porter à l'obéissance !

Un soir, que tout le monde - ou presque - regardait "Le rhinocéros" de Ionesco, au café Gourdeau, quand la pièce fut finie, bien sûr, il m'apprit ce qu'était une convention de langage.
Je me souviens qu'il en fallait une pour que l'homme puisse se comprendre en communicant parce que :
- Vois tu, la tornade, si tu appelais une fourchette "cuillère" et moi une fourchette "fourchette", on ne se comprendrait pas, tu vois, on ne parlerait pas de la même chose ! Il faut qu'un mot puisse dire la même chose à tout le monde. Il faut qu'une fourchette soit une fourchette pour chacun, sinon ce serait le bordel ! Sans la convention de langage on aurait continué à grogner comme au temps des cavernes ! Et quand on ne se comprend pas, ça rend violent !
Dont acte.
Mais je me demandais si le Grand Marcel, qu'il avait envoyé jadis ad patres, parlait une langue étrangère, ou pire, s'il était muet...

par Le Piéton de la Daurade. publié dans : Un peu d'histoire...
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Mercredi 28 juin 2006
Vous avez fredonné O TOULOUSE mais Connaissez vous, "La Toulousaine"?
Voici les premiers couplets. Taquins et coquins nos grands parents!!

En France, dans tous les patelins
Il y a des femmes qui sont très bien,
Mais à Toulouse c’est certains,
Les filles sont toutes faites au tour
Blondes ou bien brunes, aux yeux de velours
Nous font rêver à l’amour
Elles savent sans déclarations, avec leurs coups d’œil polissons
Rendre fous, tous les garçons
Pour mieux se faire embrasser, elles portent leurs cheveux coupés
Et leurs jupes par le bas, laissent entrevoir tous leurs appâts.

Elles sont belles, celles de Guilhemery
Sans mettre de rouge ni de la poudre de riz,
Pas farouche celle de Montplaisir
Se laissent embrasser avec beaucoup de plaisir
Celles de Saint-Roch ne disent jamais non, les copines
Elles violent tous les garçons, celles des Minimes
Oui Toulouse sera toujours
Mieux que Paris un Paradis d’amour
Sans faire de longs discours, celles de Bonhoure , nuits et jours
Aiment qu’on leurs parlent d’amour.
En Amoureuses à St Aubin, très vicieuses à Saint Cyprien
Elles en veulent soir et matin
Je vous jure qu’elles ne sont pas mal et qu’elles savent monter à cheval
Celles de la rue du Canal
Celles de Saint Michel, savent faire voir le ciel
Au Busca, elles ont le coup, pour nous faire marcher sur les genoux.

A Bonnefoy, il leur faut de l’amour
A Saint Etienne, elles ne crient pas au secours
Elles sont chaudes, celles d’Arnaud Bernard
Et pour le pastis ne sont pas en retard
Qu’elles soient de la Salade ou bien de l’Embouchure
Je vous jure qu’elles n’ont pas peur de la progéniture
Oui Toulouse sera toujours mieux que Paris un paradis d’amour.


Que ce soit des Amidonniers, de Matabiau, de la Cöte Pavée
Elles sont toutes Belles à croquer,
A la Croix de Pierre sans peur, les filles savent donner du bonheur
Autre chose que leur cœur
A la Gravette sans façon, elles mettent pas de pantalon
Ca fait que tous les garçons
Quand elles vont s’asseoir sur un banc, peuvent voir,
Que leurs cheveux n’ont pas besoin d’être coupés dans tous les coins.

Brunes ou blondes sont je vous le dit,
A Toulouse, des anges du paradis
Par leurs charmes et par leurs attraits
Elles font connaître toutes les gammes de l’amour
Il n’y a pas dans le monde entier, je le proclame,
D’autres pays pour avoir d’aussi jolies femmes
Oui Toulouse sera toujours mieux que Paris un paradis d’amour


publié dans : Les Incontournables
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Mercredi 28 juin 2006

CARNET VERT …. ET CARTON JAUNE…

 Les Présidentes et Présidents des Associations de Défense des habitants de Saint - Pierre, la place de Bologne, la Daurade, la Dalbade et la Prairie des Filtres ont le plaisir de vous annoncer qu’ils ont décidé de mettre en commun leurs idées et leur énergie pour obtenir des autorités municipales une chose claire : le respect des lois et règlements relatifs au bruit, à l’hygiène, au fonctionnement des débits de boissons, à la divagation des animaux sur la voie publique, au stationnement des personnes sur certains lieux publics à certaines heures.


Fortes de plus d’un millier d’adhérents ou sympathisants ces associations sont lasses des bonnes paroles et des simulacres de concertation auxquelles elles sont conviées .

 Le toulousain de base ne négocie pas le tarif de son parcmètre, les heures d’ouverture de sa mairie annexe ou la durée du prêt des ouvrages empruntés à la médiathèque. Pourquoi lui demanderai-t-on de négocier sur ce qui a déjà fait l’objet de décisions législatives, préfectorales ou municipales ?

Une règle sur le bruit, sur la taille des terrasses de café, sur l’accès à un jardin public, posée par une autorité légitime, s’applique à tous, sans qu’il soit besoin de la discuter.Le respect des règles que se donnent des citoyens vivant ensemble est le fondement de toute démocratie. Aussi est-il surprenant de constater que les autorités locales, chargées de faire respecter ces règles, semblent parfois perdre de vue ce principe de base.


Sous prétexte que Toulouse est une ville du Sud, faut-il accepter qu’elle soit une ville sale, bruyante, dangereuse la nuit, dans laquelle d’années en années s’étendent des zones de non droit où la loi du plus fort se substitue peu à peu à la règle officielle ? La réponse des membres de nos associations est non .

Non au laxisme des autorités municipales face aux divers problèmes que nos associations dénoncent depuis des années, non à cette sorte de consensus mou destiné à éviter les vagues, non à cette démission courtoise de nos élus devant l’ampleur du problème, non aux rondes-alibis de deux malheureux municipaux face à des bandes de jeunes étudiants avinés, face à des fêtards de passage , face à des meutes de chiens de combat.


Ne pas vouloir traiter ces problèmes aujourd’hui, c’est s’assurer des lendemains qui n’auront plus rien de rose , malgré la chaleureuse couleur de nos briques…

Par tous moyens à leur disposition nos associations sont décidées à intervenir main dans la main, avec ténacité et pugnacité dans ce combat pour la préservation de l’art de vivre en commun dans une ville qui a toujours su faire une place à chacun . Convaincus que le respect d’autrui passe aussi par le respect du contrat social qui l’unit à son voisin, les membres des cinq associations des bords de Garonne sortent le « carton jaune » aux autorités publiques et souhaitent que le Maire et le Préfet entendent ce message peint aux couleurs vertes de l’espérance…..espérance portée par les pétitions et volumineux dossiers qui leur sont remis ce jour.

Si vous pensez que ce combat est aussi le vôtre, rejoignez vite les rangs de l’une des cinq associations correspondant le mieux à votre lieu d’habitation :


Association de Défense des Habitants et des Riverains de St-Pierre au Capitole, 10 Pl. St Pierre
Association des habitants de la place de Bologne, Pl. de Bologne
Association Vivre à la Daurade, 18 Place de la Daurade
Association de Défense des Riverains de la Dalbade, 6 rue des Couteliers
Association Prairie des Filtres, 18 Place Laganne

publié dans : Billet d'humeur
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