Jeudi 28 février 2008
undefinedExtrait de la Dépêche du jour  - Sans commentaires

L
a péniche restaurant du port de la Daurade est fermée. Depuis le 6 février, Bibi Heuillet, le gérant, associé à Jean-Pierre Rives, l'ancien rugbyman, a décidé de mettre son activité de restauration entre parenthèses jusqu'au 15 avril. Ces derniers temps, Le Bateau touchait le fond… «Ç a ne marche pas très fort et les rumeurs sur le climat d'insécurité qui règne autour du Bateau se font persistantes, ça nous pénalise terriblement », confie Bibi Heuillet, qui ne rouvrira pas « tant qu'on ne se sera pas mis autour de la table avec les services techniques et les élus de la mairie pour régler tous les graves problèmes et sécuriser l'endroit. Or, on est en pleine période des municipales, ce qui n'arrange rien… » Propriétaire de la péniche restaurant, la mairie de Toulouse en avait confié en octobre 2007 la gérance à ce restaurateur toulousain bien connu qui souhaitait la remettre à flot ; déjà, dans le passé cet établissement flottant avait connu changements d'enseignes et déboires successifs.
« On est visité toutes  LES NUITS »
Ce secteur de la Daurade attire de manière notoire de nombreux SDF avec leurs chiens, les berges et les escaliers sont aussi le rendez-vous de toxicomanes et dealers… « Les clients n'osent plus venir sur le Bateau. Toutes les nuits on est visité. Avec cette faune qui monte sur le pont. Le matin on retrouve des bouteilles, des restes de joints, des paquets de tabac, des chaises dans la Garonne. Quand ils sont énervés, ils essaient de casser les vitres. Depuis le 24 octobre dernier on a été visité 9 fois ! » déplore Bibi Heuillet également victime d'une bousculade en compagnie de Jean-Pierre Rives, à l'automne dernier. Lors du conseil municipal le 18 janvier dernier, la fermeture du Bateau a été validée. Dans la foulée, la mairie de Toulouse a mis en place un gardiennage de nuit autour de l'établissement flottant pour limiter la casse.
V. Sitnikow
par Le piéton de la Daurade publié dans : News
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Mercredi 20 février 2008

La culture du pastel est liée au terme de Pays de Cocagne, évocateur de richesses fabuleuses et de vie facile et dont l'origine vient des coques évoquées ci-dessous. Ce commerce dans le sud-ouest de la France sera à la base de fortunes immenses.

 "Isatis Tinctoria", est le nom scientifique du pastel, cette plante à la fleur jaune est connue depuis l'antiquité. Les premières cultures de pastel venu d'Orient et d'Espagne, apparaissent dans la région au XIIème siècle. Le pastel atteint son âge d'or en France, fin XVème et au XVIème, dans la période comprise entre 1463 et 1562 au moment des guerres de Religion.                 
La couleur bleu indélébile qu'il produit est très recherchée et constitue une source de revenu appréciable. Le cycle du pastel, du semis au paiement, s'étale sur près de quatre années.

 La culture nécessitait une main d'oeuvre importante, après les labours les mottes devaient être cassées à la main puis on devait éliminer les mauvaises herbes. La cueillette se faisait à la main ou à l'aide de ciseaux. Plusieurs cueillettes se succédaient de l'été à l'automne. Les feuilles réservées à la teinture étaient stockées, elles étaient ensuite lavées, puis séchées à nouveau .Les feuilles étaient ensuite réduites en bouillie : on en extrayait une pulpe qui était à l'origine de la teinture.  Après le broyage, la pulpe était mise à sécher. Au cours de cette période, une première fermentation débutait, qui allait permettre le façonnage. Réalisé par les femmes, celui-ci prenait la forme d'une boule de dix à quinze centimètres de diamètre appellée « coques ». Une coque pesait environ 500 grammes. On peut considérer que le produit final représentait environ 7% du poids initial des feuilles.

 L'inégalité entre la très bonne qualité de la teinture obtenue dans les plaines du Lauragais et de l'Albigeois, et la qualité médiocre des tissus de lin produits dans la région (Mazamet, Toulouse, Carcassonne.) font que ces villes ne peuvent en aucun cas rivaliser avec les tissus anglais ou flamands à cette époque.
Ainsi le pastel doit être obligatoirement exporté vers ces centres de production textile. 

La montée en puissance de Toulouse est favorisée par la conjonction de plusieurs facteurs :

 - le manque de capitaux et de disponibilité financière des marchands béarnais et albigeois,

  • - l'organisation de la filière : les collecteurs achètent la récolte en feuilles, fabriquent et vendent la teinture aux marchands qui la commercialisent,
  • - du fait de la concurrence, les collecteurs prennent le risque d'acheter souvent avant la récolte, pariant ainsi sur un avenir hasardeux en raison des conditions climatiques. En outre, ils paient tôt une récolte qui ne sera vendue que plusieurs mois plus tard à des clients étrangers.
  • - le mode de paiement de l'époque, du fait de l'insécurité des routes, est la lettre de change; or toute transaction par ce mode passe par Lyon.
  • Dans ce contexte, l'essor de Toulouse s'appuie sur la qualité de sa structure bancaire : à la fin du Moyen Age  Toulouse dispose malgré tout de 30 "changeurs", rivalisant ainsi avec Lyon dans ce domaine.

Après cet essor, l'effondrement du pastel est très rapide :
- 1559 : récolte prometteuse
- 1558 : excellente récolte
- 1560 : elle promet de dépasser toutes les espérances
Cependant, en octobre 1560, le commerce pastelier toulousain s'effondre en raison de pratiques douteuses : les fonds de sacs des ballots de pastel sont mouillés pour en augmenter le poids, on mélange différentes qualités de produits payés au prix fort, en rajoutant du sable à l'agranat. La récolte de 1560 est certes abondante mais de qualité médiocre. Or, les prix sont maintenus, ce qui enfonce la crédibilité des marchands.

- 1561 : la récolte est encore plus abondante mais encore plus médiocre à cause des pluies de sorte que les cours s'effondrent. Certains marchands tentent de ne pas mettre toute la récolte sur un marché déjà saturé, mais ils ne sont pas suivis par les Albigeois.

- 1562 : c'est le début des guerres de Religion, avec dix jours forts en mai. Les circuits de commercialisation sont perturbés, les trafics interrompus, et le pastel est concurrencé par l'indigo dont la qualité est quasi équivalente mais la culture plus facile.

La disparition du pastel n'est pas complète L'Albigeois continue de produire et connaît un certain nouvel essor, éphémère, dès la fin des Guerres de Religion.Mais elle semble irréversible :
- en 1669, on compte moins 100 moulins à pastel dans la région d'Albi.
- en 1701, malgré un règlement protégeant le pastel signé par le roi en 1699, on n'en trouve plus que 60.
Certains essaient de déjà préserver la tradition en la renouvelant : au XVIIIème siècle, un certain Astruc réussit à tirer du pastel une aussi bonne teinture que celle de l'indigo, en simplifiant la culture, mais ses successeurs ne sauront pas la poursuivre.
 

(Cet article a été réalisé grâce à Documentation pedagogie.ac-toulouse - Nadine Lanneau- photo Jacques Batigne )  

 

 

 

 

par Le piéton de la Daurade publié dans : Un peu d'histoire...
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Mardi 19 février 2008

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 Je ne surprendrai personne en disant que  nous sommes en campagne électorale
 
Au moment où chacun des candidats indique sa vision de la ville, ses souhaits, ses objectifs pour Toulouse, exercice difficile s’il en est pour une métropole dont la population est en pleine évolution, ( près de 20 000 nouveaux toulousains s’installent chaque jour sur le territoire de la commune , attiré par la qualité de vie, le climat, les emplois…), il est intéressant de lire le numéro spécial environnement de l’Usine Nouvelle.
 
L’usine Nouvelle n’est pas un magazine grand public, il s’adresse à ceux qui sont le cœur ou à tout le moins le poumon de la communauté, les « entrepreneurs », personnages que l’on n’entend pas très souvent, car quasiment en voie de disparition ( !) les « entrepreneurs du monde de l’industrie » par opposition aux entrepreneurs des sociétés de service.
 
Ce très sérieux magazine, qui indique chaque semaine « toute la vie de l’industrie », publie un entretien avec François Schuten, dans lequel ce dernier évoque sa conception de la Ville.
 François Schuten est dessinateur, concepteur de station de métro et du pavillon des Utopies de l’exposition universelle de Hanovre en 2000.
 
Il indique en particulier que « …Actuellement on est dans un mode de gestion au jour le jour, on manque de vision, d’ambition, d’utopie, les politiques ne cherchent pas à imaginer la ville au-delà du temps de leur mandat, des échéances électorales. A plus de cinq ans, il n’y a plus de vision, plus de questionnement. Et quand il y en a, ça reste timoré… » ;
 Pour créer cette vision du futur « il faut faire communiquer des urbanistes, des politiques, des artistes… Et surtout ne pas oublier les historiens. L’amnésie empêche la vision ! Pour donner une image du futur de la ville, il faut bien connaître son passé et ne pas le renier……. Une ville, c’est comme un être humain, il faut l’accepter avec ses souffrances. »
 
On trouve dans ce numéro spécial :
-         un article intéressant sur le grand chantier du Canceropole,
-          la vision de certaines municipalités sur l’environnement,
-         des infos sur les technologies et innovations anti-bruit,
-         une innovation telle que les déchets ménagers aspirés en sous-sol ( question que notre association a posé a la municipalité en place et qui semble impossible à réaliser en centre-ville),
-         la mobilité ;
 autant de sujets à l’ordre du jour.
 
Il serait bon que nos candidats s’inspirent de ces thèmes pour modifier, améliorer, transformer et bonifier notre vie de toulousains lambdas.
 Vœu pieu ou réalité possible ? l’avenir nous le dira.
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par Le piéton de la Daurade publié dans : Billet d'humeur
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Vendredi 15 février 2008

Photo Corinne Pescadou

Trop, c’est trop……. l'inauguration solennelle du plan lumière au Pont Neuf n'avait rien à voir avec la mise en valeur du patrimoine architectural de la 4ème ville de France, mais se rapprochait  plus de la mise en lumière d' "Eurodisney"  pendant la période de Noël. 

Jugez par vous-même : un pont dont chaque arche clignote successivement en bleu, rouge, violet, vert..... Derrière celui-ci, le pont Garigliano surligné en vert fluo, et de l'autre coté, summum du mauvais goût, le clocher des Jacobins planté comme un sapin de Noël affublé d'un programme lumineux clignotant des plus grotesques.

Au milieu de ce spectacle, une fanfare ; on pouvait facilement s'imaginer assister à la Mickey Parade.

 Nous avions déjà le château de la Belle au bois Dormant avec l'éclairage du Musée des Augustins, qu'en sera t-il du prochain monument classé, grimé de la sorte ?

Ce maquillage vulgaire prend le pas sur la beauté architecturale, et ne respecte pas l'œuvre bâtie.

A titre comparatif, il serait tout aussi scandaleux d’éclairer un tableau de Monet, par exemple, d’une lumière rouge uniforme ou pire clignotante. L’effet reste le même.

Il parait à peine croyable, qu'après concours et appel d'offre, on ait pu choisir un professionnel spécialiste de plan lumière capable d'un tel désastre. Il s'est comporté comme un enfant auquel on a confié un cahier de coloriage, et qui a largement débordé, dans l'ignorance flagrante de l'intérêt architectural de tel ou tel bâtiment, et en laissant même dans la pénombre les parties essentielles de ceux-ci. C'est digne d'éclairagistes amateurs, eux-mêmes non éclairés.

 En la matière, la couleur est extrêmement difficile à composer et seul quelques rares spécialistes peuvent être consultés. Ils utilisent une technique totalement différente permettant de mettre en valeur le bâtiment, mais celle-ci est beaucoup plus onéreuse.  Mais où est donc passé l’Architecte des Bâtiments de France, lui si rigoureux avec les particuliers ?

 Rien ne s’improvise, l’éclairage est un art et doit rester entre les mains de professionnels pour éviter de tels excès. On est loin de la mise en lumière sobre et distinguée de la Cour Carré  du Louvre, ou même plus rock'n roll de la tour Eiffel.

 A contrario la perspective d'un éclairage festif est justifié dans le cadre d'une manifestation ponctuelle telle que le Printemps de septembre, par exemple ( manifestation  contemporaine, digne de ce nom, de renommée internationale, de qualité, masquant un peu le vide culturel par ailleurs.) 

Le style « Eurodisneysien » serait-il candidat pour acquérir le label de Capitale européenne de la culture en 2013 ? Je ne le pense pas.  Dans cette candidature serons nous sauvés par l’architecture ?

 Notre ville ne présente aucune audace architecturale contemporaine, et à cet effet,  semble figée depuis le 18 ième, voire le 16 ème siècle.  Depuis, c’est la grande décadence, la cité se pare de frontons, de colonnades, de décors de théâtre neo-quelque chose. A un point tel, que l’on arrive à faire croire à la population toulousaine, que des fontaines abâtardies imitation 18 ou 19 ieme siècle  en fibre de verre sont le summum de l’art.

 En faisant sans cesse appel au passé et au neo classique,la situation est confortable, pour les élus, car elle ne bouscule pas une population, qui, il faut se le rappeler accède aux bulletins de vote.

 Citons Marcel DUCHAMP: « Le grand public recherche aujourd’hui  des satisfactions esthétiques enveloppées dans un jeu de valeurs matérielles et spéculatives, ce qui entraîne la production artistique vers une dilution massive.  Cette dilution massive perdant en qualité ce quelle gagne en quantité, s’accompagne d’un nivellement par le bas du goût présent, et aura pour conséquence immédiate, un brouillard de médiocrité sur un avenir prochain. Pour conclure, j’espère que cette médiocrité conditionnée par trop de facteurs étrangers à l’art en soi, amènera une révolution d’ordre ascétique cette fois, dont le grand public ne sera même pas conscient, et que seuls quelques initiés développeront en marge d’un monde aveuglé par le feu d’artifices économiques. »

 Ouf…quelle leçon encore valable de nos jours. Entre le  mauvais Théâtre de rue, le macramé et le djembé, il reste un grand espace à développer dans l’intérêt culturel du public en laissant derrière quelques  idéologies ringardes. Il serait nécessaire que les décisionnaires frileux s'attachent des conseillers qualifiés dont ils écoutent les avis, et ne décident pas en pseudo savants.

On ne gagne rien à vouloir organiser la médiocrité, elle s’insinue d’elle même. A cet effet on peut citer  une phrase d'un grand artiste qui a marqué son temps: " L'art et l'esthétique, c'est comme le chinois, ça s'apprend". La situation est grave. Il n’y a plus de dialogue entre le temps et l’histoire, il y a disparition du patrimoine..

 Notre nouveau ministre de la culture, Christine Albanel, toulousaine de surcroît, écrivait dans un journal il y a quelques jours :  « La beauté d’une ville est faite du dialogue entre les créations architecturales successives, qui se nourrit de l’audace de formalismes sans cesse renouvelés, et non de pastiches nostalgiques. »

Cette phrase devrait être écrite sur le frontispice des Mairies, ainsi que dans le bureau de tous nos promoteurs.  Il suffit de visiter à Toulouse les lieux « prestigieux » nouvellement bâtis au cours de ce demi-siècle :  Les quartiers Saint-Georges- Compans Caffarelli- Le Bazacle- Larrey-… jusqu'à l'imposant Conseil général, au médiocre Conseil régional, et au riquiqui  pont Saint-Pierre néo napoléon III.

 Je ne pense pas qu’en 2050 le syndicat d’initiative y organise des visites guidées.  Toulouse rate son futur.

Il faut ouvrir de grands chantiers, sans arrières pensées politiciennes, et intérêts électoraux sous jacents. Pour réaliser des projets ambitieux qui marqueront leur temps, il faut cesser le saupoudrage financier, et se  donner les moyens nécessaires pour se concentrer sur des projets dignes de notre siècle. Il ne faudrait pas poursuivre une politique de morcellement des sites libérés, dans un objectif électoraliste, au détriment de l’intégrité du bâtiment, le vidant de son sens.  A titre d’exemple on peut citer :  Le projet du Grand Hôtel – la maison de l’Occitanie – Job – etc…..

 Souhaitons que le chantier de la Grave sauve Toulouse de la faillite culturelle, si nos décideurs s’en donnent la volonté. Il ne faudra pas « miter » ce site par de petites activités disparates.

 Que notre cité se tourne enfin vers le 21 ieme siècle.

par Le piéton de la Daurade publié dans : Billet d'humeur
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