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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 19:47

Malgré un vent glacial , notre vide grenier a encore une fois fait preuve de son bien fondé. Promeneurs et touristes ont rempli les quais et vidé les étalages. Certains de ces visiteurs s'étonnaient du bien fondé de notre association et comprenaient mal notre combat contre  les nuisances dus à la clientèle des bars de la place St Pierre, considérant que les habitants "bourgeois cossus" se devaient de supporter les nuisances bien connues depuis des lustres.

Loin de moi l'idée de les insulter, mais ces nouveaux habitants d'une ville qu'ils connaissent mal, qui investissent le centre ville comme en été on va à la mer -pour profiter des espaces de loisirs et rentrer ensuite tranquillement chez soi; ne réalisent nullement que notre quartier a une vie qui ne se limite pas aux restaurants et aux cafés. En les écoutant un flot de souvenirs revenait à la surface ainsi je vous livre ceux d'une ancienne habitante qui les a raconté dans son blog les mémoires de l'Ariège ( Grand merci à elle)

 

Là où est le très chic " Café des Artistes " aujourd'hui, agrandi sur tout le rez de chaussée, était le " Café de la Daurade " que tenait Monsieur Gourdeau, modeste café de quartier qui donnait sur une antique et sombre cuisine une fois traversé le couloir .
Foin des colombages, la maison était crépie de gris, ce n'était pas encore un quartier à la mode.
En ces temps qui ne sont plus qu'un souvenir, la Daurade était un village, les enfants se mélangeaient sans souci de classe sociale et traînaient autant sur les quais qu' "en bas de Garonne". Tout le monde avait un oeil sur les gosses, et c'était vachement chouette !
Toute la vie de la Daurade se passait là, et il y avait à cela deux raisons :
La première étant que la vie des hommes et, à certaines heures libres des questions du ménage des enfants et des courses de leurs épouses, se passait au café.
La seconde étant que le café possédait la seule et presque unique télé du quartier avec celles de madame D. dans laquelle on glissait une pièce de 1 franc pour la regarder une heure, et celle de madame L. qui, d'abord glissait 1 franc dans le compteur électrique, puis dans la télé, pour regarder, elle aussi, le même temps de programme.
Il arrivait quelquefois que Madame Gourdeau, femme d'une soixantaine d'années replète fin de siècle, tablier fleuri sur des dentelles sans âge, trouble les émissions en pleurant sur " Les roses blanches "...
Il arrivait aussi, que les joueurs de tarots s'emportent sur quelques tricheries...
Mais la cohabitation se passait assez bien entre gens simples mais néanmoins courtois.
Quand Madame Gourdeau se noyait dans le spleen, il suffisait à son mari, sorte de César Toulousain, de fermer bruyamment la porte du couloir et celle de la cuisine pour que les attablés avides de spectacle puissent regarder " la piste aux étoiles " sans parasite.
Elle baissait le son et les cloisons, alors, étouffaient ses sanglots.
Quant aux joueurs de cartes, un " Vos gueules on entend rien ! " suffisait à ramener le calme.
Il y avait là la grosse Simone qui attendait son amoureux, une sorte d'Allan Ladd en blouson de cuir noir qui descendait de sa moto comme un cow boy de son cheval...
Sauf que.
Sauf que, l'amoureux de la grosse Simone, grande, blonde et plantureuse fille, avait une jambe plus courte que l'autre de dix bons centimètres, rétrécissement consécutif à un accident quelques années auparavant, et qu'une fois sur terre ferme il semblait monté sur ressorts.
Pour ne pas avoir à marcher en se démanchant de partout et perdre un peu de la hauteur de son mètre soixante cinq sur talonnettes, il avait adopté une démarche qu'il ne voulait pas penchée sur le côté, ce qui eut été logique, mais une sorte de garde à vous plein de droiture qui le faisait monter et descendre à la verticale.
Le quartier l'avait surnommé " Jambe de miel ".


 

Souvenirs d'ici: le café de la daurade
Souvenirs d'ici: le café de la dauradeSouvenirs d'ici: le café de la daurade

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Published by Le piéton de la Daurade
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